Le dernier sondage d’EDC, auquel ont participé près de 300 entreprises – surtout des PME –, dresse un portrait intéressant de cette tendance. Parmi les compagnies sondées, environ les deux tiers exercent déjà leurs activités sur les marchés émergents dans le contexte que je viens d’évoquer et un cinquième prévoit faire de même au cours des cinq prochaines années. Ce mouvement vers de nouveaux marchés s’explique par deux facteurs : le désir d’accroître le nombre de clients et la réduction des risques au moyen de la diversification des marchés. Par ailleurs, une récente enquête réalisée à la demande de la société UPS Canada va dans le même sens. Elle révèle qu’environ un cinquième des petites entreprises canadiennes se tournera cette année vers les marchés émergents en quête de nouveaux débouchés à l’exportation.

Quels marchés auraient la cote? Parmi les mille compagnies sondées, le segment le plus important (environ 15 % des répondants) exporte autant en Chine qu’au Mexique tandis qu’un autre segment (5 % des répondants) exporte aux Brésil, en Russie et en Inde. Ces nations commerçantes, tout particulièrement la Chine, l’Inde et d’autres pays asiatiques, devraient afficher la plus forte croissance économique en 2012, d’après les dernières prévisions économiques mondiales. Les exportateurs ont désigné d’autres pays comme faisant figure de destinations de choix, certaines études faisant état du Chili, de la Corée du Sud et des Philippines.

Les entreprises exportatrices de toutes tailles très présentes sur les marchés – celles dont les ventes à l’étranger comptent pour plus de la moitié du total de leurs ventes – ont tendance à augmenter leurs activités sur leurs marchés actuels et de nouveaux marchés. En contrepartie, les entreprises exportatrices moins présentes sur la scène internationale semblent jouer la carte de la prudence en misant sur leur croissance sur des marchés familiers, comme les États-Unis et le Canada.

Le commerce Sud-Sud en ébullition?

Une autre tendance semble de plus en plus s’imposer en 2012 : la croissance du commerce entre des marchés émergents, communément appelé « commerce Sud-Sud ». Bien des exportateurs nous ont confié que cette nouvelle situation les préoccupe.

Par exemple, certains exportateurs s’inquiètent de la mise en place de barrières plus strictes visant à limiter l’accès aux marchés par des gouvernements étrangers désireux d’appuyer les entreprises locales; d’autres s’attendent par ailleurs à une pression à la baisse sur les prix dans la foulée d’une intensification du commerce Sud-Sud. Enfin, les exportateurs songeant à percer les marchés émergents craignent un contexte général de concurrence plus vive à l’échelle mondiale.

Mais il y a des points positifs. Pour bien des exportateurs, cette nouvelle tendance annonce des avantages : hausse des ventes aux acheteurs étrangers exportant vers d’autres marchés émergents; résistance accrue à l’exposition d’autres marchés; et potentiel de croissance plus élevé pour les entreprises intégrant la chaîne d’approvisionnement Sud-Sud.

Malgré tout, certaines difficultés demeurent : le risque de non-paiement et les coûts imprévus – causés par d’importantes fluctuations des devises ou hausses des cours énergétiques – posent tous deux un défi de taille aux exportateurs, peu importe leur niveau d’activités sur les marchés. Pas étonnant donc que de plus en plus d’entreprises soient toujours en quête de partenaires financiers pouvant les aider à réduire certains de ces risques.

Pour connaître d’autres solutions pour petites entreprises, communiquez avec Denis L’Heureux, à , ou consultez le www.edc.ca.